Spectacle “Meguri” de Sankai Juku pour les élèves de l’atelier chorégraphique vendredi 3 février 2017

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Chacun des spectacles de Sankai Juku bouleverse les spectateurs et contribue à modifier leur regard, leur conception même de la danse. La force de chaque expression, de chaque mouvement, de chaque élan déploie une charge émotionnelle hors du commun qui ne s’explique pas. Cette création est nettement plus accessible qu’auparavant, plus limpide dans sa présence et d’autant plus émouvante.  « J’ai osé mettre plus de mouvements. Comme si une force extérieure animait les interprètes » explique-t-il.

 

Un long poème visuel d’un raffinement inouï

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Le chorégraphe et le Butô

Ushio Amagatsu est né en 1949 à Yokosuka City (Japon) et fait partie de la deuxième génération de danseurs butô, Hijikata et Kazuo Ohno en étant les pères fondateurs. Il forme la compagnie Sankai Juku en 1975 ,son nom signifie littéralement « l’atelier de la montagne et de la mer ».

Le Butô est une forme qui transcende les réactions de la génération «post-Hiroshima» au Japon et qui jette les bases d’une approche radicale de la danse contemporaine Japonaise à partir des années 60.

Pour Amagatsu, le butô n’est pas simplement une technique formelle ou un style académique, mais il tend à articuler le langage du corps afin de trouver, au plus profond des êtres, un sens commun, une universalité sereine, quitte à recourir parfois à la cruauté ou à la brutalité. Sa perception peut être différente selon chaque individu.

Sa recherche personnelle est basée sur un «Dialogue avec la gravité». En 1975, il entame une série de longs stages de plusieurs mois pour former sa propre compagnie. Des 30 filles et garçons du début, il ne reste que 3 hommes.

 Il y a du rituel dans ses créations : les danseurs – toujours des hommes, dont Amagatsu – s’enduisent le corps d’un mélange de liquide et de poudre blanche, « comme une seconde peau qui efface les personnalités » il utilise pour ses pièces une sorte de symbolique : la terre, l’eau, le vent, le feu. »

Un spectacle de Sankai Juku est, une façon de détourner la notion même de temps ou d’époque.

LA CHOREGRAPHIE

Exubérance marine, tranquillité terrestre, sous-titre de Meguri, est un hymne à l’éternité, en sept tableaux. Le tableau d’ouverture, intitulé Voix du lointain, un solo d’Amagatsu (marque de chaque pièce). Le maître montre son approche du geste, de l’espace et du rapport au public ( divinité arrivant de loin). Suivent des Métamorphoses au fond des mers et Forêt de fossiles, tableaux tramés d’évocations de crinoïdes, ces « animaux aquatiques en forme de plantes, apparus dès l’époque du paléozoïque ». Meguri regorge de tourbillons et autres figures symbolisant l’approche cyclique du temps. Ces danseurs d’exception savent capter la rotation de la terre et les flux éternels des océans. ils semblent manipulés par une force extérieure

Scénographie incroyable:

Le rectangle central et le mur de fond ( s’inspire de fossiles de crinoïdes) sont d’abord plongés dans une lumière bleutée. Au centre, un îlot de sable est habité par des crinoïdes vivants, faits de jambes et de bras humains, comme bercés par les vagues. On y voit aussi une balance géante qui descend des cintres ( auto-citation de Umusuna, la pièce précédente de Sankai Juku).

Un spectacle de Sankai Juku est, une façon de détourner la notion même de temps ou d’époque.

LA CHOREGRAPHIE

Exubérance marine, tranquillité terrestre, sous-titre de Meguri, est un hymne à l’éternité, en sept tableaux. Le tableau d’ouverture, intitulé Voix du lointain, un solo d’Amagatsu (marque de chaque pièce). Le maître montre son approche du geste, de l’espace et du rapport au public ( divinité arrivant de loin). Suivent des Métamorphoses au fond des mers et Forêt de fossiles, tableaux tramés d’évocations de crinoïdes, ces « animaux aquatiques en forme de plantes, apparus dès l’époque du paléozoïque ». Meguri regorge de tourbillons et autres figures symbolisant l’approche cyclique du temps. Ces danseurs d’exception savent capter la rotation de la terre et les flux éternels des océans. ils semblent manipulés par une force extérieure

Scénographie incroyable:

Le rectangle central et le mur de fond ( s’inspire de fossiles de crinoïdes) sont d’abord plongés dans une lumière bleutée. Au centre, un îlot de sable est habité par des crinoïdes vivants, faits de jambes et de bras humains, comme bercés par les vagues. On y voit aussi une balance géante qui descend des cintres ( auto-citation de Umusuna, la pièce précédente de Sankai Juku).

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Pour finir un texte du chorégraphe

La marche comme une forme simple : fixant leurs yeux droit devant elles, deux personnes marchent lentement, du même pas, dans la même direction. Nul besoin de signe pour s’arrêter ou pour repartir en même temps ; qu’ils soient plus de deux, qu’ils se mettent à bouger plus vite, c’est la même chose.
Pas de mots, mais une résonance, un dialogue entre les consciences. La résonance jaillit d’une tension, cette tension naissant d’une collision, deux surfaces tendues se heurtent. Mais si l’une d’elles se relâche, l’autre fait de même, et la résonance disparaît.
On dit que l’ontogenèse ressemble à la phylogenèse.
Un fœtus d’un mois entame sa métamorphose, du poisson à l’amphibie, du reptile au mammifère. Le débarquement qui s’opéra en plusieurs millions d’années sur le rivage paléozoïque, le fœtus humain l’effectue en quelques jours. Le bruit de la circulation du sang dans le ventre de la mère ressemble au mouvement des vagues. C’est la première résonance qui nous parvienne.

Ushio Amagatsu

EN SAVOIR PLUS :  sur numéridanse :la minute du spectateur  ,kagemi pièce de 2005,Hibiki 1998

 

Marie-Ange ANCIAUX

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